Pourquoi les cinémas se vident

Bonjour à tous !

Cela risque d’être sujet à controverse, mais je voudrais, pour une fois, sortir des articles habituels et vous exprimer un coup de gueule qui grandit depuis quelques années.
Ce blog vous partage des avis et ressentis sur les films que nous regardons. Mais combien ont été regardés au cinéma ? Très peu. Peut-être même aucun. Mais pourquoi ?Cette question est l’origine de mon coup de gueule.

Quand j’étais étudiant, il m’arrivait de passer quelques après-midis entières au cinéma. Trois, quatre voire cinq films par jour. C’était gé-ni-al!
Mais depuis, les choses ont changé. Je vais tenter d’énumérer ici les raisons qui, selon moi, ont causé et causent encore aujourd’hui cette mort lente du cinéma.

1. Le prix

C’est incontestable, on peut observer la flambée des prix des places de cinéma ces dernières années: ils ont pratiquement doublé. C’est le nerf de la guerre, les prix et la crise influencent considérablement nos choix.
Pourquoi aller au cinéma, si une famille avec enfants ne s’en sort pas à moins de 50€ pour les places et ne serait-ce qu’une boisson?

Depuis la fin de mes études, même les « packagings » ont changé. Alors qu’on a connu les petits/moyens/grands coca avec paille (le plaisir du gros gobelet *___*) avec un petit/moyen/grand popcorn pour des prix avantageux, on a droit (hum… l’obligation) de prendre une bouteille de coca  (comme on en trouve au dans n’importe quel supermarché, mais pour deux fois plus cher) avec un petit/moyen/grand popcorn traditionnel, mais pour plus cher encore.

On peut aussi ajouter à cela une chaleur étouffante dans les salles. Cela justifie la hausse des prix du ticket. Et ça donne soif aussi.

2. Bande-annonces vs publicités

Auparavant, dans les couloirs et avant la diffusion du film, nous étions bombardés de bande-annonces pour nous inciter à revenir au cinéma. Beaucoup n’aimaient pas, mais moi j’adorais. J’adore toujours d’ailleurs regarder les trailers des films annoncés. Sentir cette excitation, cette envie de voir ou de ne pas voir un film.

Et maintenant ? Des pubs. Des pubs. Encore des pubs. A l’approche des BNP Paribas Days, j’ai assisté à la diffusion de leur pub (BNP) à quatre reprises en 15 minutes. Sérieux ? Comme si on n’avait pas peut-être pas compris la troisième fois ? Et après, trois trailers, et banane. C’est emballé, on lance le film.

Vraiment dommage.

3. La qualité des films

Peut-être que l’âge et l’expérience nous endurcissent au point de nous empêcher d’apprécier les films récents, mais autour de moi, le même murmure se fait entendre: les films actuels ne donnent pas envie. Scénarios bidons, fins irréalistes ou insensées, blagues pourries et profondeurs des personnages inexistantes, le « bon film » semble en voie d’extinction.
Christopher Nolan nous a offert une bouffée d’air et Zack Snyder n’est pas mal non plus dans son genre. Mais à part ça ? Même Tim Burton nous sert la même soupe froide depuis des années. A se demander s’il ne joue pas à touche-pipi avec ce bon vieux Johnny !

Pire, ils nous ressortent des licences de leur tiroir poussiéreux (ils parlent d’un nouveau Alien, Conan, Blade Runner, Terminator, Die Hard, Jurassic Park, et j’en passe) et les détruisent une à une. Pourquoi pas un nouveau Parrain avec un Marlon Brando en image de synthèse ? Même si je suis sûr qu’ils y ont pensé, vu l’ancien de Georges Lucas (il voulait faire un film avec des acteurs décédés, ressuscités par la magie de l’animation).

Ou alors ils cherchent leur inspiration dans les adaptations de bouquin. Les succès d’Harry Potter, de Fight Club et du Seigneur des Anneaux sont incontestables, mais que dire de Twilight ? Du foirage de « Hannibal » par rapport au livre ? Du futur viol de World War Z ?

La dernière mode est l’adaptation de comics. Ca marche assez bien, comme les Batman, les nouveaux Spider-Man, Superman, Iron-Man, Avengers et Hulk, malgré quelques ratés comme le 3ème X-Men, Green Hornet ou encore Captain America.

Sinon, les adaptions de contes et de jeux-vidéos comblent les programmations de nos cinémas. Blanche-Neige sous toutes ses formes, Hansel et Gretel, Oz, etc.

On fait des films, pour en faire, pour vendre. Et l’arrivée du 3D n’a rien arrangé. Comment ne pas trouver ces scènes lentes avec objets s’approchant de la caméra débiles juste pour faire une scène 3D ? C’est inutile, moche, et désagréable (avis subjectif, je vous l’accorde). Mais comme c’est du 3D, ça justifie l’augmentation du prix du billet et ça se vend. Youhou ! Clap clap clap les gars !

Bref, l’influence d’Hollywood est pesante, on le sent. Et la prise de risque des scénaristes est réduite, et leur originalité est tuée dans l’œuf.

4. Le choix de la langue

Depuis quelques années, il m’est devenu impossible de regarder un film traduit en français. Les voix sont mal choisies et les intonations font perdre aux personnages tout leur charisme et leur personnalité (ils sont souvent plus ridicules avec leur voix française), et les blagues perdent de leur sens.

Il suffit de regarder les séries comme Big Bang Theory ou How I met your mother pour se rendre compte de l’influence néfaste que les voix françaises ont eue sur les personnages.

Pourquoi ne pas adopter le schéma flamand/battave et regarder les films en VOSTFR directement ? Ou, au minimum, permettre de choisir entre VOSTFR et VF ?

5. Le téléchargement

On ne peut pas dire le contraire, le téléchargement joue un rôle dominant. Pourquoi ? Parce qu’il pallie tous les points précédemment cités (sauf la qualité des films).
C’est facile, c’est gratuit, c’est disponible et c’est sans engagement. Alors pourquoi dépenser 50€ pour rester s’étouffer devant un navet mal traduit, alors qu’on pourrait rester chez soi ? Le film ne plait pas ? On en prend un autre.

C’est triste. Le cinéma avait pour moi une dimension particulière, un sanctuaire du 7e art où on profitait du film dans un cadre spécifique. On découvrait le cinéma, et on apprenait à en vouloir plus. Un endroit où, pour quelques heures, on était transporté ailleurs.

En bref, de mon point de vue, la situation actuelle résulte d’horribles prises de décision et de management:  les cinémas se vident, la situation dérape. Mais au lieu d’assainir le modèle financier et créatif hollywoodien, ils se lancent à corps perdu dans la lutte anti-piratage qui leur semble être la tumeur de leur porte-feuille, ils gonflent les prix et s’axe sur un plan purement économique. Et oublient d’alimenter le goût du cinéma, de faire rêver.

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